Histoire du lieu

La centrale de Tchernobyl est entourée de la “zone d’exclusion” d’un rayon de 50km depuis l’accident nucléaire du 26 avril 1986. Cette zone est surveillée continuellement par des militaires postés principalement sur 4 checkpoints ainsi que dans la ville de Pripyat. Son accès est formellement interdit.

La centrale:

La centrale de Tchernobyl comprenait quatre réacteurs nucléaires.
Le bloc 4, où la catastrophe s’est produite, avait commencé à être construit en avril 1979 et était entré en service en décembre 1983. Au moment de la catastrophe, les travaux de construction des blocs 5 et 6 avaient déjà commencé.

La centrale de Tchernobyl se servait de la technologie nucléaire la plus avancée alors à la disposition de l’Union soviétique.

La ville:

Tchernobyl a sa propre histoire. Son début remonte à des centaines d’années et n’a aucun lien avec la catastrophe nucléaire.
Autrefois, Tchernobyl était habitée par quelques 40 000 personnes, mais la catastrophe l’a transformée en une ville fantôme. Sa population ne représente maintenant que quelques centaines d’habitants. La majorité constitue le personnel de la zone d’exclusion, et aucun d’entre eux n’est résident permanent en raison de limites à respecter sur l’exposition aux rayonnements.

En réalité, c’est plus près de la ville de Pripyat que la catastrophe s’est produite. Pripyat a été construite par les autorités soviétiques spécialement pour ceux qui travaillaient à la centrale. La ville avait une population de plus de 50 000 personnes et était très attractive pour les soviétiques en raison des offres de salaires élevés et de l’occasion de travailler dans une centrale nucléaire dernier cri.

Le maire de Pripyat, Vladimir Voloshko, disait que les rues de la ville étaient pleines de fleurs. Les immeubles se trouvaient dans les pinèdes. Chaque quartier résidentiel disposait d’une école, d’une bibliothèque, de boutiques, d’installations sportives et de terrains de jeux à proximité, un véritable eldorado.

Le sarcophage:

Le sarcophage d’origine construit en quelques six mois seulement, a toujours été considéré comme une solution temporaire. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a évoqué la nécessité de remplacer l’installation.

«L’éventuelle instabilité du sarcophage représente un problème important. Ce qui est surtout inquiétant est le fait que les supports essentiels de la construction principale ont dû être construits par une commande à distance, sans fixations comme la soudure ou les boulons de liaison»

affirme l’AIEA dans un rapport fait dix ans après la catastrophe de Tchernobyl.

Le nouveau sarcophage, convexe, permettra non seulement de mettre fin à la pénétration de l’eau de pluie dans le réacteur, mais contribuera également à la réalisation de démantèlement du vieux réacteur.
C’est la plus grande structure mobile située au sol de tous les temps et il pèsera 31 000 tonnes.
Le projet s’est embourbé dans de nombreux problèmes financiers, mais il est espéré que les travaux seront accomplis vers le mois de novembre 2017, pour un coût total de 2,9 milliards d’euros.

Paradis sauvage:

Si la zone d’exclusion autour de Tchernobyl est complètement désertée par l’homme, la nature, elle, a repris ses droits ces 30 dernières années. Une étude de 2015 menée par Tatyana Deryabina, a montré une abondance d’élans, d’ours, de lynx, de sangliers et de loups dans la zone d’exclusion.

Selon l’étude, ces résultats montrent pour la première fois que malgré les effets potentiels des radiations sur les animaux, la zone d’exclusion de Tchernobyl est habitée par de nombreux mammifères et ce après près de 30 ans d’exposition à de fortes radiations.

En 1990, une poignée de chevaux de Przewalski, en voie de disparition ont été réintroduits là, pour voir s’ils pouvaient y prendre racine : une centaine d’entre eux pâturent aujourd’hui sur des champs vides.

Duga-3:   

Le monde entier a entendu parler de la centrale nucléaire de Tchernobyl et de la zone d’exclusion de 30 kilomètres qui l’entoure, mais cette région a abrité un lieu gardé secret pendant plusieurs décennies.

Dans la partie la plus obscure et la plus isolée de la zone d’exclusion se trouve l’un des plus grands secrets de l’Union Soviétique : la station radio-observatoire Tchernobyl-2, également appelée la Duga («l’Arc»).
C’est une station de radio de 150m de haut, équipée d’un radar très puissant. Son but était de détecter tout lancement de missile, n’importe où sur le continent européen, permettant à l’URSS de riposter en cas d’agression sur son territoire.

Officiellement, cet endroit fut mis hors service tout de suite après la catastrophe de Tchernobyl en 1986. On ne peut donc s’empêcher de se demander : pourquoi est-ce toujours conservé ? Pourquoi est-ce toujours un lieu à accès limité ? Pourquoi est-ce l’endroit où nous avons croisé le plus de patrouilles militaires ?

« Selon une des théories avancées, il ne s’agirait pas d’une station de radio équipée d’un puissant radar mais d’une installation spéciale pour rentrer dans la tête des gens et les contrôler. Cela s’est avéré n’être qu’un mythe.»

a raconté Boris Gorbachev, un liquidateur de la centrale de Tchernobyl.

Cette installation fut l’un des projets les plus chers de l’Union Soviétique. Elle a coûté près de 7 milliards de roubles soviétiques — soit deux fois plus que la centrale nucléaire de Tchernobyl, située à seulement 15 kilomètres. Avant, il était impossible de s’approcher de ce lieu top secret.

Malgré les déclarations officielles selon lesquelles l’installation fut mise hors service tout de suite après les retombées radioactives de Tchernobyl en 1986, elle reste surveillée et des gardes armés sont postés à chaque poste de contrôle tout autour de la zone.
Tous les techniciens ayant participé au projet décrivent Duga-3 comme un chef-d’œuvre de l’Union Soviétique.

Risques encourus

La zone d’exclusion est un no man’s land radioactif.

Risque pénal:

Se faire arrêter dans la zone est puni par une peine de travaux forcés ou d’emprisonnement à effet immédiat, sans aucun jugement préalable. Les peines encourus restent floues mais peuvent s’allonger si vous essayez de faire sortir n’importe quel objet des clôtures.

Risque radioactif:

Le Comité scientifique de l’ONU sur les conséquences des émissions radioactives indique que la dose de rayonnement naturel moyen pour les êtres humains dans le monde entier est inférieure à 2,4 Sv par an.

100 fois plus de rayonnement a été dégagé par l’accident de Tchernobyl que par les explosions cumulées des deux bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki.

En forêt nous avons atteint un maximum de 5.20 mSv/h (courte exposition) tandis que notre campement dans un immeuble de Pipyat était de 0.10 mSv/h (mesure équivalente à Kiev ou Paris suivant l’intensité de pollution).

Risques autres:

Il est interdit de chasser et de pêcher, les animaux et les poissons continuent d’accumuler les radiations par le sol et la végétation.

Il est déconseillé de manger à l’extérieur même si vous apportez votre propre nourriture, il faut manger dans la voiture ou dans un bâtiment hermétique. Dans le cas contraire, les particules radioactives de l’air pénétreront directement dans votre corps avec la nourriture.

Les objets posés à terre peuvent absorber les radiations. Si vous utilisez un appareil photo sur un trépied, mettez y des sacs plastique jetables aux extrémités en contact avec le sol.

La vigilance est d’ordre lorsque vous vous déplacez de nuit, des prédateurs peu habitués à l’homme rôdent.

Matériels

Une tenue d’ouvrier de la guerre froide récupérée dans un Bunker abandonné nous servait de camouflage.
Nos sacs pesaient environ 12 kilos chacun.

Sac de couchage, réchaud, compteur Geiger, GPS, couteaux.
Nourriture et eau pour 4 jours.

Matériel d’expédition:

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