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Cette semaine, c’est un article exceptionnel que l’on vous propose au cœur même d’une base spatiale pas si abandonnée, Baïkonour.
Une fois de plus, bravant les interdictions et la loi, nous retrouvons nos explorateurs en herbe ukrainiens Pavlo et Oleksander prenant tous les risques pour infiltrer cette base devenue si importante dans les années 50, point stratégique militaire de l’Union soviétique, qui est toujours sous surveillance.
Pavlo et Oleksander prennent d’énormes risques à relater cette histoire, c’est pourquoi nous les garderont sous couvert de l’anonymat, et vous conjure de ne pas tenter de reproduire ce qu’ils ont fait.

Histoire du lieu

Le cosmodrome de Baïkonour, créé en 1956, est une base de lancement russe située au centre du Kazakhstan, à proximité de la ville de Baïkonour. Le site, situé dans une région de steppe au climat extrême mais disposant d’un embranchement sur la ligne de chemin de fer Moscou – Tachkent, a été choisi en 1955 pour implanter un centre de lancement destiné à la mise au point des missiles balistiques intercontinentaux R7 Semiorka de l’Union soviétique. Lorsque l’activité spatiale soviétique s’est développée sous l’impulsion des équipes de Korolev qui avaient mis au point le missile, le centre de Baïkonour a été choisi pour placer en orbite les premiers satellites artificiels puis le premier homme dans l’espace.

L’exploration:

C’est dans le désert, perdu au fin fond du Kazakhstan que se cache le centre de lancement le plus actif du monde, Baïkonour. Dans cette base hautement surveillée se cachent deux hangars abandonnés, l’un avec deux navettes spatiales, l’autre avec une fusée. Aujourd’hui, nous allons nous infiltrer dans cette base : les risques sont très élevés, les conséquences inconnues… David De Rueda, photographe, sera notre guide. Il fait partie des rares personnes à avoir déjà infiltré la base. Tout commence dans le désert, à notre point d’extraction.
On prend tous les bagages et on part se cacher dans un bâtiment. Il faut qu’on reste discret jusqu’à la tombée de la nuit et ensuite on partira en direction des hangars. Le problème, c’est qu’il y a une base active à droite et une base active à gauche donc quand on traversera, on va essayer de se dépêcher et de baisser un peu la tête parce que s’ils mettent un coup de jumelles, on est morts. J’attends encore un quart d’heure… Deux sacs chacun, un principal. Des rations… C’est parti. L’infiltration commence. On a beaucoup d’eau parce qu’il va faire très chaud, on a des rations de survie parce qu’on va rester deux jours. Donc là, on est chargés à fond. Il y a plusieurs dizaines de kilomètres de marche qui nous attendent.
On marche depuis une bonne partie de la nuit. On suit le tracé de David, autrement ça serait vraiment impossible de rejoindre le hangar. On est en plein milieu du désert, il n’y a pas un bruit, la voie lactée au-dessus de nous, c’est incroyable. On est juste devant le bâtiment. C’est le dernier grillage et après on est dedans. On le passe et David confirme qu’iln’ y a des passages et pas que des explorateurs… Pourquoi ? Ça c’est clairement de la récupération de métaux, il y a des gens qui viennent bosser quand même de temps en temps je pense, nous dit-il. Soudain, la silhouette de la navette se dessine devant nous à la lueur de nos torches. On s’isole dans une salle où monte un campement de fortune, le lendemain promettait du grand spectacle et ce fut le cas. C’était immense ! On arrive devant les réacteurs et ça promettait du sport pour monter. On essaye d’établir une stratégie au cas où des patrouilles interviennent dans la structure. Si c’est le cas, il va falloir se cacher. On se fait des gardes de deux heures. On va regarder depuis tout en haut. Il y a vraiment une sensation étrange quand on est ici, il y a un mélange d’émerveillements quand tu vois une navette spatiale. Tu vois, tu reconnais la forme, tu sais direct à quoi ça sert. Et puis t’ajoutent à ça l’adrénaline et la peur un peu qui est liée à l’exploration urbaine et au danger qu’il y a ici. Donc c’est vraiment unique. C’est les dernières navettes Bourane en état d’origine… Les navettes Bourane, c’est les navettes spatiales soviétiques copiées sur le modèle des navettes américaines. Celle-là c’est début des années 90. En fait, le programme s’est arrêté. Elle devait voler la même année, mais elle a été finie à 95%. On va essayer de rentrer dans la navette. Par le moteur, il y a un trou. On rentre et on arrive dans la partie cargo. Les réacteurs, c’était derrière. Et là on va avoir juste après une énorme salle. C’est incroyable, vous vous rendez compte qu’on est clairement en train d’explorer une navette spatiale russe, abandonnée en plein cœur des réacteurs et du cargo ? On se croirait dans Alien, ça fait beaucoup penser au Nostromo… (le remorqueur spatial utilisé dans le film). C’est très sport ce qu’on est en train de faire là… On arrive dans le cockpit, les sièges sont toujours là. Pendant 15 minutes, on s’imagine cosmonautes. Peut-être qu’on est les derniers à voir cette navette mais on l’a fait. Merci David pour cette expérience de folie. C’est lui qui a tout préparé et qui a été notre guide sans lui ça aurait été impossible.

Matériels

Sac de couchage, réchaud, compteur Geiger, GPS, couteaux.
Nourriture et eau pour 2 jours.

Matériel d’expédition:

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