Pas besoin de traverser le monde entier pour trouver des merveilles souterraines. Appelée aussi « Dessous de Paris », notre capitale recèle de nombreux points d’intérêts digne de s’y aventurer le temps d’un voyage dans le passé.
Carrières, catacombes, sous-sols d’immeubles, égouts, galeries techniques et voies souterraines, tous sont passés au crible de la lampe torche de nos explorateurs ukrainiens, et clients fidèles de Comeight, Pavlo et Oleksander qui ont tenus à nous faire partager leur expérience au cœur même de de Paris.
Cette série d’articles retracera les explorations de nos deux camarades, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour suivre les prochaines sorties !

Histoire du lieu

Les catacombes de Paris sont à l’origine une partie des anciennes carrières souterraines situées dans le 14e arrondissement de Paris, reliées entre elles par des galeries d’inspection. Elles sont transformées en ossuaire municipal à la fin du xviiie siècle avec le transfert des restes d’environ six millions d’individus, évacués des divers cimetières parisiens jusqu’en 1861 pour des raisons de salubrité publique. Elles prennent alors le nom abusif de « catacombes », par analogie avec les nécropoles souterraines de la Rome antique, bien qu’elles n’aient jamais officiellement servi de lieu de sépulture.
Près de trois cents kilomètres de galeries s’étalent sous Paris intra-muros, sur parfois trois niveaux de carrières. La profondeur moyenne est d’environ vingt mètres sous le niveau du sol naturel. Lorsque ces carrières étaient actives, on en extrayait de la pierre à bâtir, qui a permis pendant plusieurs siècles de construire les bâtiments de Paris sans importer d’autre matériau de construction.

L’exploration:

Les catacombes sont surement les lieux les plus connus dans le milieu underground de Paris. L’occasion pour Olek et moi-même de mettre à l’épreuve notre sens de l’aventure et la passion du minéral. On s’est dégotté un « guide » cataphile sur un site à peu près clean, les souterrains étant très grands, hors de question d’y aller à l’aveuglette la première fois. Notre guide se fait appeler la Taupe dans le milieu, les gens ne donnent pas leurs noms ni même parlent de leur vie en général de la surface, l’activité illégale et la communauté restrictive les forcent à se cacher des autorités. On croirait presque à une secte.
Les cataphiles sont des explorateurs urbains parisiens qui errent illégalement dans les Catacombes et ont été utilisés comme abris par la résistance française durant l’occupation nazie de Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Une bonne occasion de trouver quelques souvenirs comme des balles, des tenues…
La Taupe nous explique qu’à partir de la fin des années 60, les Parisiens appelés Cataphiles ont commencé à restaurer certains de ces espaces et à organiser des ossuaires pour faire place à des espaces créatifs plus innovants ou à des quartiers thématiques. Lui, il fait partie des cataphiles qui protègent du mieux qu’ils peuvent les souterrains du vandalisme et n’hésitent pas à partager ses connaissances sur sa « passion » depuis 10 ans maintenant, un moyen de gagner sa croûte aussi (on ne vous dira pas combien on à payer).
Les Catacombes (ou les k’tas comme on les appelle localement) étaient autrefois un réseau de mines de pierre. Près de 80 mètres sous les pavés de la ville, il n’y a ni lumière, ni électricité, ni son. Il n’y a pas de créatures vivantes ou de légendes urbaines fantastiques dans les Catacombes. Leur visite est illégale et considérée comme une intrusion, bien qu’elle soit le plus souvent tolérée par la population locale. Si on nous prenait, on devra lâcher un billet aux autorités et espérer aucune suite. Certains passages sont très bas, étroits ou partiellement inondés, l’accès aux autres parties des Catacombes est donc devenu illégal depuis 1955.
Des entrées secrètes existent cependant dans tout Paris par les égouts, le métro et certaines bouches d’égout. La Taupe nous a fait passer par une bouche d’égoût dans une rue dont je n’ai même pas eu le temps de noter le nom. De la galerie technique, on se faufile par un trou artificiellement creusé par les cataphiles appelé « chatière ». Les cataphiles sont, en un sens, une communauté, puisqu’ils partagent les mêmes espaces, même s’ils sont divisés en certains réseaux ou quartiers souterrains. Ils ne jurent pas nécessairement allégeance à l’endroit où ils vivent réellement, au-dessus de la ville, mais les cataphiles peuvent choisir de visiter à plusieurs reprises le même réseau en bas.
La Taupe nous prévient : la rivalité et les alliances entre réseaux existent et les “touristes” (ou les non-Cataphiles donc nous) sont rarement les bienvenus. Il nous explique qu’il y a trois règles qu’un cataphile doit suivre et respecter :
1) “Ce qui descend doit monter”. C’est une règle qui s’applique à la litière et qui est respectée et appliquée à la lettre par les cataphiles.
2) “Ne jamais parler de ce qui précède”. La plupart des cataphiles utilisent des pseudonymes pour s’identifier. Ce que fait une personne pour gagner sa vie ou où elle va à l’école est rarement discuté dans les catacombes. De nombreuses plaques placées dans les tunnels indiquent le nom de la rue ci-dessus, mais dans certains cas, elles sont délibérément trompeuses.
3) “Ne jamais faire confiance à personne”. Il y a une notion donnée selon laquelle un bon cataphile n’est pas seulement quelqu’un qui a le sens de l’aventure et des capacités de navigation supérieures à la moyenne, mais aussi quelqu’un qui a été suffisamment exposé à la vie dans ces carrières souterraines, ou aux communautés qui visitent régulièrement les Catacombes.
Bref, comme les Catacombes sont composées de systèmes de tunnels complexes s’étendant sur plusieurs étages, couvrant une ville entière et n’ayant que peu d’entrées ou de sorties dans le monde, il est conseillé de ne jamais se fier à personne, à aucune signalisation ou à aucune carte en ligne.

Matériels

Sac de couchage, réchaud.
Nourriture et eau pour 1 jours.

Matériel d’expédition:

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